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Affaire Nourah Ba : Jugement supplétif et crise de l’état civil sénégalais

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Affaire Nourah Ba : Jugement supplétif et crise de l’état civil sénégalais

Un jugement d’un tribunal d’instance utilisé comme acte de naissance révèle une faille juridique exploitable par l’influenceuse Nourah Ba.

Contexte juridique Le jugement supplétif est un dispositif prévu par le Code de l’état civil sénégalais permettant à un tribunal d’instance de délivrer, à la demande d’un justiciable, un acte de naissance de substitution lorsqu’aucun acte original n’est disponible. Cette mesure, censée être exceptionnelle, confère les mêmes droits que le document d’état civil officiel : obtention de la carte d’identité nationale, du passeport et du droit de vote.

Le jugement supplétif comme porte d’entrée En pratique, le jugement supplétif a été utilisé par des centaines de milliers de Sénégalais pour régulariser leur situation administrative. Le problème surgit lorsqu’il devient un outil de contournement du registre civil, notamment pour des personnes disposant de ressources ou d’influence capables de faire pression sur les magistrats locaux.

L’enquête sur Nourah Ba L’influenceuse Mariama Ba, connue sous le pseudonyme Nourah Ba, a attiré l’attention des autorités après la publication de plusieurs messages insinuant qu’elle aurait facilité l’obtention de jugements supplétifs pour des tiers. Le parquet de Dakar a ouvert une enquête le 1 octobre 2026, citant « possible abus de pouvoir et mise en danger de la sécurité de l’état civil ». Jusqu’à présent, aucune accusation formelle n’a été prononcée ; les personnes citées restent présumées innocentes.

Implications pour le registre civil Si les allégations se confirment, le scandale pourrait déclencher une réforme majeure du système d’enregistrement des naissances. Le ministère de l’Intérieur envisage déjà de renforcer les contrôles judiciaires, de numériser l’ensemble des actes et de créer un guichet unique pour les demandes de jugement supplétif. Le débat s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’appareil administratif sénégalais.

Perspectives Les observateurs estiment que la décision judiciaire à venir, prévue pour la fin novembre 2026, sera déterminante pour l’avenir du dispositif. Une éventuelle suspension ou restriction du jugement supplétif pourrait réduire les risques de fraude mais aussi compliquer la vie de nombreux Sénégalais qui dépendent de ce mécanisme pour accéder à leurs droits civiques.