Femmes entrepreneures : viser l’excellence industrielle
Perspective Newsroom ·
Pauline Touré, présidente du Réseau 1001 Femmes, a dénoncé la vision réductrice de l’entrepreneuriat féminin et a plaidé pour un virage vers l’industrie lourde
Contexte
Le Sénégal mise sur une transformation industrielle ambitieuse, inscrite dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) qui vise à porter la part manufacturière à 20 % du PIB d’ici 2030. Dans ce cadre, les acteurs du développement ont longtemps associé l’entrepreneuriat féminin à l’informel, au micro‑crédit et aux activités de subsistance.
Le discours de Pauline Touré
Lors d’une conférence à Dakar le 10 octobre 2026, Pauline Touré a rappelé que 1 000 femmes membres du Réseau 1001 Femmes possèdent déjà des compétences techniques capables de soutenir la chaîne de valeur industrielle, notamment dans l’agro‑transformation et les énergies renouvelables. Elle a exigé des politiques publiques qui dépassent le simple accès au financement pour offrir formation technique, accompagnement en propriété intellectuelle et accès aux marchés.
Enjeux pour la souveraineté économique
Faire des femmes des actrices de l’excellence industrielle signifie mobiliser un capital humain sous‑exploité. Selon le ministère de l’Industrie, les PME dirigées par des femmes pourraient augmenter la production locale de 15 % et réduire les importations de biens intermédiaires, renforçant ainsi l’autonomie du pays.
Perspectives et défis
Le principal défi reste la coordination entre les bailleurs de fonds, les institutions publiques et les réseaux de femmes. Un cadre législatif incitatif, couplé à des incitations fiscales ciblées, est nécessaire pour transformer les projets prometteurs en acteurs industriels compétitifs sur le plan régional.