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Lors de l'installation du Conseil consultatif des Jeunes, le président Bassirou Diomaye Faye a interpellé la jeunesse sénégalaise, l'exhortant à rejeter une position de « cliente de l'intelligence des autres », incluant l'intelligence artificielle.
# Sénégal : L'Appel de Faye pour une Souveraineté Numérique Stratégique
Le 29 septembre 2026, lors de la cérémonie d'installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel retentissant : « Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres ». Une précision d'importance a suivi, ciblant explicitement l'intelligence artificielle (IA) comme l'un des domaines où cette dépendance doit être évitée. Cette déclaration, loin d'être un simple aphorisme, incarne une vision stratégique profonde pour l'avenir du Sénégal dans un paysage technologique mondial de plus en plus polarisé. Elle transcende la simple rhétorique pour s'ancrer dans une logique de souveraineté nationale, économique et cognitive.
La métaphore du « client » utilisée par le président Faye est particulièrement pertinente. Elle met en lumière le risque d'une consommation passive des technologies étrangères, en l'occurrence l'IA, qui pourrait transformer les utilisateurs en simples récepteurs de solutions conçues et contrôlées ailleurs. Pour le Sénégal, et plus largement pour l'Afrique de l'Ouest, cette dépendance se traduit par une vulnérabilité économique, une perte de contrôle sur les données nationales et un frein à l'innovation locale. Développer une IA « made in Senegal » ou « made in Africa » ne relève pas de l'utopie, mais d'une nécessité stratégique pour adapter ces outils aux réalités et aux besoins spécifiques des sociétés africaines, tout en créant des richesses et des emplois sur le continent.
Pour concrétiser cette vision, plusieurs leviers doivent être actionnés. Le premier est l'investissement massif dans l'éducation et la formation des jeunes aux sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), avec un accent particulier sur la science des données, le développement d'algorithmes et la cybersécurité. Il s'agit de former une nouvelle génération de créateurs et non de simples consommateurs. Le second levier concerne l'infrastructure numérique : déploiement d'un internet haut débit abordable, création de centres de données locaux, et soutien aux incubateurs technologiques. Le troisième est la mise en place d'un cadre réglementaire stimulant l'innovation locale tout en protégeant les données nationales et la propriété intellectuelle. Le Conseil consultatif des Jeunes, par sa nature même, est appelé à être une force motrice dans l'identification des talents et la promotion de ces initiatives.
L'ambition sénégalaise de non-clientélisation de l'intelligence résonne au-delà de ses frontières. Elle s'inscrit dans un mouvement panafricain croissant de quête d'autonomie et de maîtrise technologique. En encourageant sa jeunesse à être productrice d'intelligence, le Sénégal peut se positionner comme un hub d'innovation en Afrique de l'Ouest, attirant investissements et talents. C'est également un message fort aux puissances technologiques mondiales : l'Afrique n'est pas uniquement un marché, mais un partenaire potentiel dans le développement et l'application de l'IA, à condition que cette collaboration se fonde sur le respect mutuel et le transfert de compétences. La vision du président Faye ouvre ainsi la voie à un repositionnement géopolitique du Sénégal, fondé sur une intelligence nationale affirmée et innovante.