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À Dakar, la mort tragique d'une femme aspergée d'acide par son ex-compagnon a catalysé une vague de protestations.
Le 1er octobre 2026, la capitale sénégalaise, Dakar, a été le théâtre d'une violence inqualifiable. Une femme de 40 ans a succombé à ses blessures après avoir été délibérément aspergée d'acide par son ex-compagnon. Ce drame, d'une brutalité rare, n'est pas un incident isolé mais le symptôme poignant d'une violence de genre persistante et souvent fatale qui gangrène la société sénégalaise, malgré les avancées législatives et les efforts de la société civile. L'agression, survenue en plein jour, a choqué par sa cruauté et a rapidement mobilisé l'opinion publique, ravivant le débat sur la sécurité des femmes et l'efficacité du système judiciaire face aux féminicides.
Face à cette atrocité, la colère et l'indignation se sont traduites par une action collective. Le vendredi 16 octobre 2026, plus de 200 habitants du quartier de la victime, rejoints par des activistes et des citoyens, ont marché jusqu'à la préfecture de Grand Dakar. Leur message était clair et unanime : "Stop aux féminicides" et "Justice pour la victime". La principale revendication était l'arrestation immédiate du suspect, toujours en fuite au moment de la manifestation, et une application rigoureuse de la loi. Cette mobilisation n'est pas la première du genre, mais elle souligne une lassitude croissante face à l'impunité perçue et l'absence de réponses concrètes des autorités. Elle révèle une société civile de plus en plus déterminée à exiger des comptes et à briser le silence autour de ces crimes.
Si le Sénégal a, par le passé, renforcé son arsenal législatif contre les violences faites aux femmes – notamment avec la loi de 2020 criminalisant le viol et la pédophilie et reconnaissant les féminicides – la mise en œuvre et l'efficacité de ces textes demeurent un défi majeur. Les barrières culturelles et sociales, la normalisation de certaines formes de violence domestique et les lacunes dans la chaîne pénale (de l'enquête à l'exécution des peines) contribuent à un climat d'insécurité pour de nombreuses femmes. L'affaire de l'attaque à l'acide met en exergue la nécessité de former davantage les forces de l'ordre et le corps judiciaire à la spécificité des violences basées sur le genre, et de garantir l'accès à la justice pour toutes, y compris les plus vulnérables. La fuite prolongée du suspect interroge également sur les capacités d'investigation et de coordination des services de sécurité.
La marche de Dakar, au-delà de sa portée immédiate, est un appel pressant à un examen de conscience national. Elle rappelle que la lutte contre les féminicides ne se limite pas à la répression mais exige une approche holistique, incluant la prévention, l'éducation, la sensibilisation et le soutien aux victimes. Le drame de cette femme aspergée d'acide doit servir de catalyseur pour des réformes profondes : renforcement des dispositifs d'alerte et de protection, accélération des procédures judiciaires, et démantèlement des stéréotypes de genre qui légitiment ou minimisent la violence. La question est désormais de savoir si cette indignation populaire parviendra à transformer l'émotion en une volonté politique durable, capable de garantir la sécurité et la dignité de toutes les femmes sénégalaises. La pression de la société civile reste essentielle pour s'assurer que cette tragédie ne soit pas une de plus sans lendemain.