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Un an après sa mise en service complète, le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) dépasse ses objectifs économiques initiaux. Cette réussite techni
Inauguré il y a un an, le Grand barrage de la Renaissance (GERD) s'impose déjà comme un pilier de la souveraineté énergétique de l'Éthiopie. L'infrastructure dépasse les prévisions initiales en matière de production électrique, alimentant non seulement le marché intérieur mais permettant également l'exportation d'énergie vers les pays voisins. Cette dynamique renforce le poids stratégique d'Addis-Abeba dans la Corne de l'Afrique, transformant l'eau du Nil en un levier majeur de puissance économique.
Pour Le Caire, la réussite du GERD confirme les pires craintes. L'Égypte, qui dépend du fleuve pour la quasi-totalité de ses ressources en eau douce, considère toute modification unilatérale du débit comme une menace existentielle. Face aux ambitions renouvelées de l'Éthiopie de lancer de nouveaux chantiers sur le bassin versant, la diplomatie égyptienne hausse le ton et menace de bloquer l'accès aux financements internationaux pour ces futurs projets.
Au-delà de la rhétorique belliqueuse, c'est un bras de fer juridique et financier qui se joue. L'Éthiopie refuse de se soumettre aux traités coloniaux garantissant des quotas historiques d'eau à l'Égypte et au Soudan, invoquant son droit au développement. En réplique, l'Égypte tente de mobiliser ses alliances régionales et internationales pour asphyxier les ambitions d'Addis-Abeba en matière d'infrastructures.
L'échec des médiations successives menées par l'Union africaine et la communauté internationale laisse présager une confrontation prolongée. Alors que l'Éthiopie entend poursuivre sa politique de grands travaux pour s'affranchir de la pauvreté énergétique, l'Égypte érige la sécurité hydrique en dogme national inaliénable, faisant du Nil le théâtre d'une poudrière géopolitique permanente.