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Purge administrative au Sénégal : Amadou Ba alerte sur les risques d'asphyxie économique et de paralysie de l'État

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Purge administrative au Sénégal : Amadou Ba alerte sur les risques d'asphyxie économique et de paralysie de l'État

Après le limogeage simultané de 87 directeurs généraux et présidents de conseil d'administration, le député Pastef Amadou Ba tire la sonnette d'alarme. Au-delà de la rupture politique affichée par le nouveau pouvoir, il met en garde contre un gel opérationnel des marchés publics et une désorganisation aiguë des services de l'État.

Une onde de choc institutionnelle inédite Le renouvellement des cadres dirigeants du secteur parapublic sénégalais a franchi un seuil critique avec la révocation simultanée de 87 directeurs généraux (DG) et présidents de conseil d’administration (PCA). Si cette manœuvre traduit la volonté de la nouvelle administration d'accélérer la refonte de l'appareil d'État et d'effacer l'empreinte de l'ancien régime, son ampleur brutale suscite désormais des réserves jusque dans les rangs de la majorité parlementaire. Le député du Pastef Amadou Ba a publié une note technique sans détour, questionnant la soutenabilité opérationnelle d'un tel basculement managérial.

La mécanique complexe des passations de service Dans son analyse dédiée aux « problématiques administratives, économiques et politiques d’un limogeage massif », le parlementaire rappelle les servitudes incompressibles de la haute fonction publique. L'éviction coordonnée de près d'une centaine de hauts fonctionnaires n'est pas un simple acte arithmétique : elle implique un protocole lourd d'inventaires d'entrée et de sortie, d'audits contradictoires et de vérifications comptables préalables aux passations formelles de service. Durant cet interrègne technique, qui s'étale couramment sur plusieurs semaines, la chaîne décisionnelle subit une vacance préjudiciable, privant les structures des délégations de signature indispensables à la conduite des affaires courantes.

Menaces sur la commande publique et le secteur privé local L'impact économique de cette rupture administrative s'annonce immédiat et sévère. Les agences d'exécution et entreprises publiques constituent les principaux vecteurs d'injection de liquidités dans le tissu entrepreneurial sénégalais. La paralysie temporaire des ordonnateurs de dépenses suspend de facto l'approbation des marchés, le règlement des factures échues aux PME et le déblocage des lignes budgétaires d'investissement. Cette suspension subite risque d'accentuer les tensions de trésorerie chez les prestataires privés locaux et de gripper la réalisation des infrastructures stratégiques déjà engagées avec les bailleurs internationaux.

L'arbitrage périlleux entre rupture politique et continuité de l'État L'alerte soulevée par Amadou Ba met en exergue le dilemme structurel auquel fait face le tandem exécutif : comment matérialiser la doctrine de transformation systémique sans saboter la continuité du service public ? En dénonçant ouvertement les effets pervers d'une telle décision, le député pose les jalons d'un contrôle parlementaire lucide au sein même de la mouvance au pouvoir. Pour stabiliser l'action gouvernementale, la nomination des remplaçants et l'installation d'équipes de transition dotées de pouvoirs dérogatoires temporaires apparaissent désormais comme un impératif d'urgence pour préserver la solvabilité et la crédibilité de l'État.