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Écarté de la Caisse des Dépôts et Consignations le 10 septembre dernier, Fadilou Keïta se retrouve paradoxalement en position de postuler à sa propre succession suite à l'appel d'offres lancé par la Présidence. Un scénario rocambolesque qui met en lumière les arbitrages politiques complexes du régime en place.
La décision de la Présidence de la République de publier un avis d'appel à candidatures pour pourvoir le poste de Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ouvre une séquence juridique et politique inédite. Écarté lors de la vague de limogeages du 10 septembre, Fadilou Keïta remplit formellement les critères requis pour soumettre son dossier. Sur le papier, rien n'interdit à l'ancien directeur de briguer sa propre succession, transformant un processus de recrutement technique en feuilleton politique.
Techniquement, le dossier de Fadilou Keïta coche un nombre significatif de cases du profil recherché par l'exécutif : connaissance intime des rouages de l'institution, maîtrise des dossiers en cours et alignement initial avec la vision stratégique du pouvoir. Cependant, sa candidature potentielle se heurte à un mur politique. Son départ récent participait d'une volonté manifeste de renouvellement ou de réajustement au sein des hautes sphères de l'État.
Cet épisode met à l'épreuve la crédibilité des procédures de recrutement par appel à offre impulsées par le nouveau régime. Si le processus se veut méritocratique et ouvert, l'éventuelle réhabilitation de M. Keïta par la voie concurrentielle interrogerait sur la cohérence des décisions de révocation prises en amont. À l'inverse, l'écarter arbitrairement contredirait l'esprit d'ouverture et de transparence affiché.
Au-delà de la simple gestion des ressources humaines publiques, ce dossier traduit les arbitrages délicats entre compétences techniques et loyauté politique au sein de l'appareil d'État sénégalais. La commission de recrutement et la Présidence devront trancher un cas qui dépasse largement la simple administration d'un fonds souverain pour devenir un test de gouvernance institutionnelle.