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Kopar : Une Nouvelle Proposition Monétaire Dérangeante pour la Souveraineté Ouest-Africaine

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Kopar : Une Nouvelle Proposition Monétaire Dérangeante pour la Souveraineté Ouest-Africaine

Alors que les débats autour du Franc CFA s'intensifient, l'enseignant-chercheur Babo Amadou Ba introduit le 'Kopar', une monnaie de souveraineté visant le développement endogène.

Une Contestation du Statu Quo Monétaire en Afrique de l'Ouest

La dédicace récente de l'ouvrage "Souveraineté monétaire pour un développement endogène et durable" de l'enseignant-chercheur Babo Amadou Ba, préfacé par l'économiste Ndongo Samba Sylla, marque un tournant significatif dans le débat sur l'avenir monétaire de l'Afrique de l'Ouest. Au cœur de cette proposition audacieuse réside le "Kopar", une monnaie locale pensée comme une alternative radicale au Franc CFA. Ce livre, paru aux Éditions L’Harmattan Sénégal, ne se contente pas de critiquer le système existant ; il esquisse les contours d'une nouvelle architecture monétaire qui promettrait à la région une autonomie indispensable à son développement économique véritable. L'initiative de M. Ba s'inscrit dans un courant de pensée grandissant qui estime que la clé de l'émancipation économique africaine réside dans le contrôle de ses leviers monétaires.

Les Failles Structurelles du Franc CFA

La proposition du Kopar intervient dans un contexte où les critiques à l'égard du Franc CFA sont plus virulentes que jamais. Bien que présenté par ses défenseurs comme un gage de stabilité et de faible inflation, le Franc CFA est perçu par une frange croissante d'intellectuels et d'acteurs politiques comme un reliquat colonial entravant la souveraineté économique des États membres de l'UEMOA et de la CEMAC. La parité fixe avec l'Euro, la garantie de convertibilité par la France, et l'obligation de déposer une partie des réserves de change auprès du Trésor français sont souvent citées comme des entraves majeures. Ces mécanismes limitent la capacité des banques centrales régionales (BCEAO et BEAC) à mener une politique monétaire adaptée aux réalités locales, notamment en matière de soutien à la production, à l'exportation et à la création d'emplois. L'incapacité à dévaluer sa monnaie de manière autonome peut rendre les exportations moins compétitives et favoriser les importations, minant ainsi les efforts d'industrialisation et de diversification économique.

Le Kopar : Une Vision de Développement Endogène

Le "Kopar" de Babo Amadou Ba est conceptualisé non pas comme une simple monnaie de substitution, mais comme un instrument de souveraineté et de développement endogène. Sans rentrer dans les détails techniques qui nécessiteraient une analyse plus approfondie des 370 pages de l'ouvrage, l'idée maîtresse est de rompre avec les dépendances externes et de réorienter la politique monétaire vers les besoins spécifiques des économies ouest-africaines. Cela impliquerait potentiellement un taux de change flexible, une gestion des réserves de change entièrement africaine, et une politique de crédit plus orientée vers les secteurs productifs locaux. Une telle monnaie aurait pour objectif de stimuler l'investissement interne, de favoriser le commerce intrarégional et de permettre une gestion macroéconomique plus agile face aux chocs exogènes. C'est une vision qui prône une désaliénation monétaire pour une réappropriation des leviers de croissance.

Obstacles et Réalités Géopolitiques

L'implémentation d'une monnaie telle que le Kopar, ou toute autre alternative au Franc CFA, est semée d'obstacles complexes et de défis géopolitiques majeurs. Au-delà de la volonté politique des États, qui doivent s'accorder sur un projet commun, se posent les questions cruciales de la crédibilité internationale de la nouvelle monnaie, de sa convertibilité et de la confiance des marchés. La rupture avec le Franc CFA entraînerait des négociations délicates avec la France et l'Union Européenne, et potentiellement des réactions des institutions financières internationales comme le FMI et la Banque Mondiale. La gestion des réserves de change, la lutte contre l'inflation et la discipline budgétaire seraient des piliers essentiels pour garantir la stabilité du Kopar. De plus, la coexistence ou l'intégration de cette proposition avec les initiatives régionales existantes, telle que le projet Eco de la CEDEAO, complexifie l'échiquier monétaire ouest-africain, soulignant la nécessité d'une coordination politique et technique sans précédent. Le chemin vers une pleine souveraineté monétaire reste long et parsemé d'embûches, mais la proposition du Kopar en réaffirme la pertinence stratégique.