SenPerspective · Économie

Dette sénégalaise : autopsie financière des mégaprojets de la décennie 2012-2024

Perspective Newsroom ·

Dette sénégalaise : autopsie financière des mégaprojets de la décennie 2012-2024

Entre transformation spectaculaire du paysage infrastructurel et réévaluation alarmante des finances publiques, la décennie écoulée met en lumière le coût réel de la politique des grands chantiers au Sénégal. Perspective Group analyse les mécanismes d'un endettement massif désormais au cœur de l'agenda politique.

La décennie des grands chantiers et son passif Entre 2012 et 2024, le Sénégal a profondément métamorphosé son territoire. L'Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), les autoroutes à péage, le Train Express Régional (TER) et la relance éphémère d'une compagnie aérienne nationale ont incarné une ambition de modernisation accélérée. Toutefois, cette politique volontariste s'est appuyée sur un levier d'emprunt intensif, modifiant durablement la structure budgétaire de l'État.

Révélations post-audit : la transparence bousculée Le débat sur la trajectoire financière du pays a basculé fin 2024 suite à la publication d'un audit des finances publiques. Ce dernier a mis en évidence une dette publique réelle nettement supérieure aux chiffres officiellement communiqués par les administrations précédentes. Cette distorsion statistique a mis en lumière la vulnérabilité des mécanismes de contrôle et la complexité des montages financiers utilisés pour financer ces infrastructures.

Le coût de revient des investissements structurants Si les infrastructures livrées dynamisent indéniablement certains secteurs économiques et facilitent la mobilité, leur rentabilité à court et moyen terme interroge. Le service de la dette absorbe une portion croissante des ressources fiscales nationales, réduisant d'autant la marge de manœuvre budgétaire pour les secteurs sociaux de base comme la santé et l'éducation.

Impératifs de souveraineté et redressement budgétaire Face à cette situation, les autorités actuelles font face à un équilibre délicat : honorer les engagements financiers internationaux tout en répondant aux urgences socio-économiques internes. La rationalisation des investissements publics et la renégociation de certains contrats légués par le passé constituent désormais les jalons incontournables d'une nouvelle doctrine de souveraineté budgétaire.