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Une vidéo montrant un habitant nageant dans les rues inondées de Grand-Yoff a enflammé la toile dakaroise. Au-delà du spectacle insolite, cet épisode expose bru
Les images tournées à Grand-Yoff, à proximité de la station Patte d'Oie, interpellent autant qu'elles dérangent. On y voit un homme fendre à la brasse une artère totalement submergée par les eaux pluviales. Si la scène prête d'abord à sourire par son caractère incongru, elle traduit surtout le niveau critique d'impréparation face aux précipitations dans l'une des communes les plus denses de Dakar.
Cet incident viral met en lumière l'obsolescence chronique des réseaux de drainage urbain. Malgré les plans successifs de lutte contre les inondations et les investissements colossaux annoncés par les pouvoirs publics au cours de la dernière décennie, l'équation de l'hivernage reste irrésolue. L'urbanisation non planifiée, le comblement des exutoires naturels et l'insuffisance des bassins de rétention transforment la moindre averse en crise majeure.
Face à l'impuissance institutionnelle, les populations locales développent des formes d'autodérision qui masquent mal une exaspération profonde. Nager dans les rues n'est plus seulement une provocation potache, c'est l'expression visuelle d'une normalisation de l'inacceptable. Les activités économiques sont paralysées, la mobilité urbaine est fracturée et les risques sanitaires liés aux eaux stagnantes se multiplient.
La viralité de cette séquence doit servir de électrochoc pour la gouvernance territoriale. Le traitement curatif — à coup de pompes de refoulement temporaires — montre ses limites face à la récurrence des épisodes climatiques extrêmes. C'est l'ensemble du paradigme de l'aménagement urbain dakarois qu'il convient de repenser, en associant rigueur technique, intégrité dans l'exécution des marchés publics et participation citoyenne.