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À la veille d'élections législatives cruciales, l'éventualité d'une femme à la tête du gouvernement marocain, une première historique, agite la scène politique.
Alors que le Maroc s'apprête à voter lors des élections législatives du 23 septembre 2026, une question inédite et audacieuse capte l'attention des observateurs : Mohammed VI pourrait-il nommer une femme au poste de Chef du gouvernement ? Cette interrogation, relayée par des sources proches des cercles de décision, cristallise les enjeux d'une monarchie cherchant à projeter une image de modernité tout en naviguant des réalités sociopolitiques complexes. Les noms de Fatima Ezzahra El Mansouri, issue du Parti de l'Authenticité et de la Modernité (PAM), et de Nadia Fettah, figure du Rassemblement National des Indépendants (RNI), sont avancés, symbolisant un potentiel tournant dans l'échiquier politique marocain. Juridiquement, rien n'interdit une telle nomination, le Souverain désignant le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections.
La Constitution marocaine confère au Roi une prérogative quasi-absolue dans la désignation du Chef du gouvernement. Bien que la tradition veuille qu'il émane du parti vainqueur, la liberté de choix du Monarque est constitutionnellement garantie. L'histoire politique récente du Maroc a montré une ouverture progressive aux femmes dans les sphères ministérielles, avec plusieurs portefeuilles importants confiés à des figures féminines. Cependant, le poste de Chef du gouvernement représente un palier autrement significatif, cumulant des responsabilités exécutives et une visibilité nationale et internationale sans précédent. Une telle nomination ne serait pas seulement un signal fort pour l'émancipation féminine, mais aussi une affirmation de la capacité du Palais à initier des réformes profondes au-delà des attentes conventionnelles.
La question centrale soulevée par l'hypothèse d'une première ministre est celle de la 'préparation du pays'. Cette formulation cache une analyse nuancée des résistances sociétales potentielles. Si les élites urbaines et une partie de la jeunesse pourraient accueillir favorablement une telle décision comme un signe de progrès et d'ouverture, les couches plus conservatrices de la société, particulièrement en milieu rural, pourraient percevoir un tel changement avec plus de circonspection. Le défi pour le Palais réside alors dans l'équilibre délicat entre la promotion d'une image réformatrice et la gestion des sensibilités d'une société diverse, où les valeurs traditionnelles et religieuses conservent une influence notable. L'acceptation d'une femme à ce poste clé reflèterait non seulement une évolution politique mais aussi une maturité sociale et institutionnelle.
Une première ministre au Maroc enverrait un message puissant bien au-delà de ses frontières. Dans une région ouest-africaine et MENA où la représentation féminine aux plus hautes fonctions exécutives reste limitée, le Maroc se positionnerait comme un leader en matière de gouvernance inclusive. Ce geste consoliderait la stratégie du Royaume de se présenter comme un pôle de stabilité et de modernité, susceptible d'attirer des investissements et de renforcer ses partenariats diplomatiques, notamment avec l'Union européenne et les États-Unis. Il s'agirait d'une affirmation de souveraineté et d'une démonstration de capacité à innover politiquement, renforçant l'influence soft power du Maroc et son rôle de pont entre l'Afrique et l'Europe.