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Le vaste mouvement opéré dans les directions générales lors du Conseil des ministres du 10 septembre 2026 a redistribué les cartes du pouvoir exécutif. Pourtant, quelques figures clés échappent à la purge et maintiennent leur emprise sur des leviers économiques et médiatiques stratégiques depuis avril 2024.
Le Conseil des ministres du 10 septembre 2026 a marqué un tournant dans la gouvernance de Bassirou Diomaye Faye. En procédant à un renouvellement massif des directions générales et des conseils d'administration, l'exécutif cherchait à imprimer une nouvelle dynamique à son action publique. De nombreux responsables nommés au début du magistère présidentiel ont été remerciés, illustrant la volonté du pouvoir de réévaluer la performance des agences publiques.
Cependant, au milieu de cette vaste reconfiguration, dix personnalités ont résisté au décret présidentiel. Ces dirigeants, en poste pour la plupart depuis les premières vagues de nominations d'avril et mai 2024, font figure d'exceptions notables. Leur maintien en fonction pose la question des critères sous-jacents à ce tri sélectif, oscillant entre impératifs de continuité technique et équilibres politiques délicats.
Les institutions et entreprises publiques concernées par cette stabilité ne sont pas anodines. De la RTS (Radiodiffusion Télévision Sénégalaise) à l'APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux), en passant par La Poste, la SONACOS et Sénégal Numérique, ces entités constituent les piliers de la souveraineté économique, informationnelle et technologique du pays. Maintenir leurs dirigeants en place évite de perturber des chantiers d'infrastructure majeurs et des réformes structurelles en cours.
Ce statu quo partiel démontre un pragmatisme de la part de l'administration Faye-Sonko. Plutôt qu'une table rase systématique, le pouvoir opère une distinction pragmatique entre les structures nécessitant une rupture immédiate et celles où l'expertise en place est jugée indispensable à la mise en œuvre du projet politique. Reste à savoir si cette cohabitation entre nouveaux promus et survivants de la première heure pacifiera l'appareil d'État ou créera de nouvelles frictions internes.