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Le chef de l'État sénégalais a reçu le trophée spécial du Prix de l'Eau lors du premier Forum régional de l'eau à Abidjan. Entre renégociation des concessions d
Le 26 septembre 2026, à l'issue de la première édition du Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (FREAO) tenue à Abidjan, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s'est vu décerner le trophée spécial du Prix de l’Eau de l’Afrique de l’Ouest. Relayée officiellement par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement dirigé par Cheikh Tidiane Dièye, cette récompense couronne officiellement l'impulsion donnée par l'exécutif sénégalais à la valorisation durable de la ressource. Mais au-delà de la tribune diplomatique ivoirienne, cet hommage met en exergue le rôle pivot du Sénégal dans l'architecture hydropolitique d'une région soumise à de violents stress climatiques et démographiques.
Depuis son accession à la magistrature suprême en mars 2024, le tandem Faye-Sonko a inscrit la gestion des biens communs, et en premier lieu celle de l'or bleu, dans sa grille de lecture souverainiste. La tutelle ministérielle a engagé un audit rigoureux des contrats d'affermage et de gestion du secteur de l'eau urbaine et rurale, remettant sous tension les équilibres contractuels hérités de la décennie précédente. À Dakar comme dans l'hinterland agricole de la vallée du fleuve Sénégal, l'accès sécurisé à l'eau potable et à l'irrigation est érigé en condition sine qua non de la souveraineté alimentaire, rompant avec une logique purement marchande au profit d'un encadrement public réaffirmé.
Sur le plan multilatéral, la distinction obtenue en Côte d’Ivoire rappelle la centralité de Dakar au sein des organismes de bassin, notamment l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Alors que l'Afrique de l'Ouest traverse une phase de recomposition géopolitique marquée par l'éloignement des régimes de l'Alliance des États du Sahel (AES), l'eau demeure l'un des rares vecteurs d'intégration technique et diplomatique ininterrompu. En maintenant un dialogue opérationnel avec ses voisins en amont (Guinée, Mali), le Sénégal sanctuarise la sécurité de ses approvisionnements énergétiques et hydriques transfrontaliers.
Ce capital de sympathie sous-régional ne dissimule pas les défis structurels immédiats auxquels fait face l'administration Faye. Le renouvellement des infrastructures hydrauliques primaires, le dessalement de l'eau de mer sur la façade atlantique et la lutte contre les inondations récurrentes exigent des mobilisations de capitaux massives dans un contexte de resserrement budgétaire. Le succès de la vision récompensée à Abidjan dépendra de la capacité du pouvoir sénégalais à concilier révision des concessions privées, attractivité des partenariats multilatéraux et atténuation de la fracture hydrique entre les grands centres urbains et les zones rurales marginalisées.